Pour repérer les destinations Food à suivre en 2026, nous avons croisé les sélections de deux médias anglo-saxons de référence : Eater, qui publie chaque année ses villes et régions où voyager pour manger, et Condé Nast Traveler, qui a consacré sa propre liste aux grandes scènes gastronomiques de l’année. De Gaziantep à Séville, en passant par Milan et la Crète, voici quatre pistes pour voyager l’appétit grand ouvert.
Gaziantep (Turquie)
En Turquie, il n’y a pas qu’Istanbul… À la frontière symbolique entre l’Anatolie et le monde arabe, Gaziantep mérite réellement le détour. Ici, la pistache n’est pas un accessoire mais une obsession locale, éclatante dans les baklavas, les katmer (feuilletés) au kaymak (crème de lait épaisse) et les autres pâtisseries feuilletées.
Les kebabs sortent des fours à bois, l’ali nazik mêle aubergine fumée et agneau, et le café menengiç, préparé à partir de pistache sauvage, se boit encore dans des lieux historiques comme Tahmis Kahvesi. On pourrait aussi citer l’Elmacı Bazaar ou le festival GastroAntep.
À ne pas manquer : İmam Çağdaş, institution familiale fondée au XIXe siècle, référence absolue pour les kebabs, le lahmacun, l’ali nazik et les baklavas.
Milan (Italie)
Longtemps réduite, côté cuisine, à son statut de capitale économique et de ville de mode, Milan s’impose aujourd’hui comme l’une des scènes les plus dynamiques du pays. Chez Trippa, Diego Rossi a déjà fait de la trattoria moderne un manifeste, entre abats, pâtes au jus concentré et cuisine populaire ultraprécise.
Autour de lui, une génération passée par l’étranger ou par les grandes maisons italiennes brouille les lignes : Spore explore les fermentations, Mater Bistrot ose une sauce à la fraise et au miso-parmigiano, tandis que la pizza al taglio de Gabriele Bonci et les créations de Confine rappellent que la pizza peut encore être un terrain d’auteur.
Crète (Grèce)
Désignée « région européenne de la gastronomie 2026 », la Crète n’a pas attendu le tourisme bien-être pour défendre une cuisine de produits, d’huile d’olive, d’herbes sauvages et de tables généreuses. Sur cette île immense, la cueillette ressemble presque à un sport local : askolimbi, vlita, asperges sauvages au printemps, champignons et truffes noires dans les montagnes à l’automne.
Chaque territoire a ses obsessions : sfakianopita au miel et à la mizithra (galette fine au fromage frais), bougatsa à Réthymnon (feuilleté sucré à la crème), apaki fumé à Héraklion (porc mariné puis fumé), pommes de terre et tomates du plateau de Lassithi… Theodosi travaille une Crète plus créative, tout comme Thigaterra et Apiri Greek Eatery. Et partout, le dakos - pain d’orge, tomate, mizithra, origan et huile d’olive - rappelle que l’île excelle aussi dans les choses simples.
Séville (Espagne)
Celle qu’on surnomme la « perle de l’Andalousie » a beau porter des siècles d’héritages romain, arabe, juif et chrétien dans ses cuisines, sa gastronomie se comprend surtout au comptoir, dans les marchés et autour de grandes tablées qui s’étirent. Les marchés de la Calle Feria, de Triana ou de La Encarnación donnent le ton : jambons suspendus, poissons, olives, fritures, sherry (vin fortifié andalou) jamais très loin…
Côté classiques, les tavernes historiques restent incontournables, de Casa Morales à Bodeguita Romero, Casa Moreno ou El Rinconcillo, ouvert depuis 1670, où l’addition s’écrit encore à la craie sur le comptoir. On y goûte également des montaditos à la pringá (petits sandwichs à la viande mijotée), des épinards aux pois chiches (grand classique sévillan), de la pavía de bacalao (beignet de morue) …
Mais Séville ne vit pas que dans le passé : Sr. Cangrejo, Leartá, Cañabota, Barra Baja, Sobretablas ou La Casa del Tigre montrent une scène plus libre, entre produit andalou, feu, mer et haute cuisine.
Couverture : Photo de Pedro Domingos sur Unsplash