Speakeasy Omnivore, ici et maintenant.
Tandis que David Castello-Lopes vantait dans sa chronique sur Arte les mérites des candidats de la Coupe du Monde de la Boulangerie, à deux pas de la scène où se déroulait la compétition une cohorte d’invités triés sur le volet s’engouffrait dans le passage presque secret menant à un double espace de rencontre et de dégustation. Tabourets, néons rouges, pochettes de vinyles sur les murs – où les Allman Brothers côtoyaient les Pet Shop Boys – et graffitis vintage de circonstance, tout était réuni pour retrouver l’ambiance des premières heures d’Omnivore, sans fausse nostalgie mais avec la même énergie brute.
Bake’N’Hush, Suga Suga et Back to Snack, les thèmes des trois soirées ont dessiné les contours de la scène boulangère et pâtissière actuelle, en permettant surtout aux intervenants de partager leurs aventures humaines. D’Or Bitan à Nina Metayer, de Claire Heitzler à Anthony Courteille en passant par Yann Couvreur ou Thomas Teffri-Chambelland, c’est une plongée dans l’intime et dans la beauté, souvent complexe, de leurs métiers respectifs qu’elles et ils ont offert à l’auditoire. Sans micro, sans filet, assis sur des tabourets dans une sorte de conciliabule murmuré, leurs paroles ont résonné d’une tout autre manière. Loin d’une master class, ce furent au contraire des conversations à cœur ouvert, qui se sont prolongées de façon spontanée après l’ouverture des grilles de la deuxième salle, celle consacrée à la dégustation. Des palabres aux agapes, les frontières furent vite abolies.